Hier, je me tenais parmi un groupe d’Edmontoniens dévoués au Plaza Boyle Street, témoin d’un événement à la fois déchirant et porteur d’espoir. La Société de réduction des méfaits d’Edmonton organisait une rencontre sur l’éducation et la sensibilisation aux surdoses, rassemblant ceux touchés par cette crise qui a emporté trop de vies dans notre ville.
L’air était frais tandis que j’observais des bénévoles disposer soigneusement des trousses de naloxone sur les tables. Ces petits emballages, contenant un médicament capable d’inverser les surdoses d’opioïdes, sont devenus tristement courants à Edmonton. Mais ce qui m’a le plus frappé, ce n’étaient pas les fournitures—c’étaient les histoires partagées.
« L’éducation est essentielle pour sauver des vies, » a expliqué Petra Schulz, cofondatrice de Moms Stop The Harm. « Beaucoup ne réalisent pas que n’importe qui peut administrer la naloxone. Pas besoin de formation spéciale pour aider quelqu’un en surdose. »
Schulz, qui a perdu son fils Danny suite à une surdose accidentelle de fentanyl en 2014, parlait avec l’autorité tranquille d’une personne qui a transformé une tragédie personnelle en plaidoyer public. Son organisation soutient les familles touchées par les méfaits liés aux substances tout en préconisant des changements de politique.
L’événement a créé un espace sans jugement où les participants pouvaient apprendre les techniques d’intervention en cas de surdose, accéder à des ressources et se connecter aux services de soutien. Pour plusieurs, c’était leur première introduction aux principes de réduction des méfaits.
« C’est vraiment difficile de rester à jour, » a confié Jason Thompson, travailleur de première ligne en réduction des méfaits. « L’approvisionnement en drogues change constamment, devenant plus imprévisible et dangereux. Les gens doivent savoir à quoi ils font face. »
La crise des surdoses à Edmonton reflète une tendance provinciale inquiétante. Services de Santé Alberta a signalé 179 décès liés aux opioïdes à Edmonton au premier trimestre 2023, une augmentation de 12 % par rapport à la même période l’an dernier.
En me déplaçant dans la foule, j’ai rencontré Sarah, qui ne souhaitait pas publier son nom de famille. Elle a perdu son frère il y a six mois et cherchait des réponses.
« J’aurais aimé connaître les signes, » m’a-t-elle dit, les yeux brillants. « Peut-être aurais-je pu l’aider si j’avais reconnu ce qui se passait. »
Son expérience fait écho à ce que vivent de nombreuses familles—cette douloureuse combinaison de chagrin et de « et si » qui suit un décès par surdose.
Au-delà de la formation à la naloxone, les participants pouvaient accéder à des services de vérification des drogues qui aident à identifier les substances potentiellement dangereuses. Ces services sont devenus de plus en plus importants alors que le fentanyl et d’autres opioïdes synthétiques puissants contaminent l’approvisionnement en drogues.
« Les gens n’essaient pas de mourir, » a expliqué Dr. Elaine Hyshka, professeure adjointe en santé publique à l’Université de l’Alberta. « La plupart des surdoses surviennent parce qu’une personne ne sait pas ce que contiennent ses drogues ou leur puissance. La vérification donne aux gens l’information pour faire des choix plus sûrs. »
L’événement a également mis en lumière des initiatives communautaires qui travaillent à combler les lacunes du système. Le Collectif d’intervention de rue d’Edmonton distribuait des trousses de soins contenant chaussettes, barres granola et informations sur les ressources, aux côtés de matériel de réduction des méfaits.
Ce qui rendait ce rassemblement différent des sensibilisations sanitaires habituelles était son accent sur la dignité et la compassion. Les intervenants ont constamment souligné que les troubles liés à l’usage de substances sont des conditions médicales, non des échecs moraux.
« La honte et la stigmatisation tuent, » a dit Thompson. « Quand nous faisons en sorte que les gens se sentent jugés pour leur dépendance, ils consomment seuls, et c’est là que les surdoses deviennent fatales. »
Au fil de l’après-midi, un mur commémoratif s’est garni de photos et messages honorant ceux perdus aux surdoses. Ces visages—jeunes et vieux, de tous horizons—servaient de rappel brutal que cette crise touche chaque coin de notre communauté.
La conseillère municipale Anne Stevenson, présente brièvement, a souligné le besoin d’approches multiples. « Nous avons besoin de prévention, de traitement et de réduction des méfaits travaillant ensemble. Aucune stratégie isolée ne résoudra cette crise. »
L’événement s’est conclu par une veillée aux chandelles, où des noms ont été lus à haute voix en mémoire. Les lumières vacillantes ont créé un moment de solidarité entre étrangers unis par une préoccupation commune pour leur communauté.
En quittant la plaza, j’ai réfléchi à comment des événements comme celui-ci représentent le meilleur d’Edmonton—des gens se rassemblant pour protéger leurs voisins avec compassion pratique et sans jugement.
Pour ceux cherchant du soutien ou des informations sur les services de réduction des méfaits à Edmonton, le programme Streetworks offre des ressources et formations à la naloxone. La ligne d’aide pour les dépendances des Services de Santé Alberta fournit également un soutien confidentiel 24/7 au 1-866-332-2322.
Dans une crise qui peut souvent sembler accablante, le rassemblement d’hier nous a rappelé que l’éducation, la compassion et l’action communautaire demeurent nos outils les plus puissants contre la vague de décès par surdose à Edmonton.