Titre : LaSalle College : des retards dus à des cours de français à Montréal

Amélie Leclerc
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J’ai arpenté les couloirs étincelants du Collège LaSalle ce matin, où une tension inhabituelle remplit l’air. Les étudiants se regroupent en petits cercles, chuchotant leurs inquiétudes concernant leur avenir académique alors que ce prestigieux collège privé montréalais fait face à une crise sans précédent.

Le Collège LaSalle a temporairement suspendu les cours pour environ 1 500 étudiants suite à une lourde amende de 350 000 $ imposée par l’organisme de surveillance linguistique du Québec. L’Office québécois de la langue française (OQLF) a infligé cette pénalité après avoir déterminé que l’établissement avait enfreint les dispositions de la loi 96, la controversée loi sur la langue française du Québec.

« Nous sommes pris en otage, » m’explique Maria Chen, une étudiante en deuxième année de design de mode que j’ai rencontrée devant l’édifice. « Beaucoup d’entre nous avons choisi LaSalle spécifiquement parce qu’ils offraient des programmes en anglais. Maintenant, tout semble incertain. »

Le collège, reconnu pour attirer des talents internationaux vers les secteurs dynamiques du design et de l’hôtellerie de Montréal, n’a pas obtenu les certificats d’exemption appropriés pour les étudiants qui étudient en anglais. Selon les règlements renforcés de la loi 96, les établissements d’enseignement doivent obtenir ces certificats pour tout étudiant suivant un enseignement non francophone.

Selon Gabriel Dion-Ferguson, porte-parole du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec, l’administration du collège porte l’entière responsabilité. « Les règles concernant les certificats d’exemption ont été clairement communiquées à tous les établissements, » m’a confié Dion-Ferguson lors de notre conversation téléphonique. « Le Collège LaSalle avait amplement le temps de se conformer. »

Pour de nombreux étudiants, surtout ceux venus de l’étranger, cette perturbation représente plus qu’un simple accroc administratif. Sanjay Patel, un étudiant international d’Inde en administration des affaires, m’a exprimé sa frustration lorsque je l’ai rencontré dans un café voisin.

« J’ai investi les économies de ma famille pour étudier ici, » a déclaré Patel, remuant son café intact. « Chaque jour sans cours signifie des frais de scolarité gaspillés et des projets de carrière retardés. Nous méritons une meilleure communication sur ce qui va se passer. »

L’administration du collège a publié un communiqué confirmant qu’elle travaille en étroite collaboration avec les responsables gouvernementaux pour résoudre la situation « le plus rapidement possible. » Ils ont promis aux étudiants touchés qu’ils recevront des horaires de cours mis à jour et des dates de semestre prolongées pour assurer l’achèvement des heures académiques requises.

Cet incident met en lumière les tensions plus larges entourant l’application de la loi 96 dans le paysage éducatif québécois. Adoptée en 2022, cette législation vise à renforcer les protections de la langue française, mais a fait l’objet de critiques pour potentiellement limiter l’accès à l’éducation et le recrutement international.

Ce qui rend la situation de LaSalle particulièrement complexe, c’est sa réputation de destination éducative mondiale. En me promenant dans le centre-ville de Montréal, j’ai toujours été frappé par la diversité internationale que des institutions comme LaSalle apportent au tissu culturel de notre ville.

Le gouvernement de François Legault maintient que la protection du français demeure non négociable, même si les établissements d’enseignement éprouvent des difficultés de mise en œuvre. La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, a décliné ma demande de commentaire, mais son bureau a fourni une déclaration soulignant que « les exceptions à l’enseignement en français doivent suivre les voies réglementaires appropriées. »

Pour l’instant, le Collège LaSalle a mis en place des salles d’étude temporaires et des ressources en ligne pour les étudiants touchés. Ils ont également ouvert un bureau d’assistance spéciale pour aider les étudiants internationaux à gérer les complications potentielles de visa résultant des retards de programme.

En quittant le campus cet après-midi, j’ai remarqué de petits groupes d’étudiants organisant des sessions d’étude entre pairs dans les cafés avoisinants – un témoignage de leur résilience face à l’incertitude. Cette situation soulève d’importantes questions sur la façon dont Montréal équilibre son rôle de gardien de la culture française et d’hôte des ambitions éducatives mondiales.

Les semaines à venir seront cruciales pour le Collège LaSalle alors qu’il navigue dans ces eaux réglementaires agitées. Pour les étudiants pris au milieu, chaque jour qui passe représente à la fois des occasions d’apprentissage perdues et une anxiété croissante concernant leur avenir académique au Québec.

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