La communauté cinématographique de Toronto est en pleine effervescence à l’approche du Festival international du film de Toronto (TIFF), qui nous apporte une sélection captivante de productions canadiennes mettant en valeur les divers talents narratifs de notre nation. Après avoir discuté avec plusieurs initiés de l’industrie et visionné des projections en avant-première, j’ai identifié cinq films canadiens qui méritent votre attention lors du festival cette année.
« La Lumière du Nord » de la réalisatrice montréalaise Claire Pelletier se présente comme l’entrée canadienne peut-être la plus attendue. Ce drame envoûtant, tourné entièrement dans la péninsule gaspésienne au Québec, suit la fille d’un gardien de phare qui découvre de mystérieux artefacts échoués sur la plage après une violente tempête.
« Claire a créé quelque chose de vraiment spécial », affirme le critique de cinéma torontois Jordan McKenzie. « La cinématographie à elle seule vaut le prix du billet, mais les performances, particulièrement celle de l’étoile montante Madeleine Roy, élèvent ce film au-delà de l’offre typique des festivals. »
Le producteur du film, Vincent Tremblay, m’a confié que l’obtention du financement pour ce projet ambitieux a pris près de trois ans. « Nous étions déterminés à tourner sur place malgré les défis logistiques. Le cadre maritime authentique est devenu presque un autre personnage du film. »
Un autre film remarquable est « Rêves de béton« , l’histoire semi-autobiographique du réalisateur torontois Amir Bashir à propos d’un étudiant en architecture pakistanais-canadien naviguant entre les attentes culturelles tout en poursuivant sa passion pour l’architecture brutaliste. Tourné principalement dans les quartiers est de Toronto, le film présente des images saisissantes de l’horizon en constante évolution de la ville.
« Je voulais montrer Toronto à travers les yeux d’un immigrant—comment l’environnement bâti peut à la fois accueillir et aliéner », a expliqué Bashir lors de notre conversation dans son studio de Junction. Le Conseil des arts de l’Ontario rapporte que des films comme celui de Bashir représentent une tendance croissante de productions canadiennes culturellement diverses, avec un financement pour de tels projets ayant augmenté de 23% au cours des cinq dernières années.
Pour les amateurs de documentaires, « La Dernière Montaison » de la cinéaste vancouvéroise Sandra Liu offre un récit environnemental urgent. Suivant les efforts de conservation autochtones dans le bassin versant du fleuve Fraser en Colombie-Britannique, Liu a passé trois ans intégrée avec les membres de la Nation Sto:lo qui luttent pour préserver les habitats essentiels du saumon.
« Ce qui a commencé comme un documentaire environnemental s’est transformé en une puissante histoire de souveraineté et de réconciliation », m’a confié Liu. Le film a déjà attiré l’attention d’organisations environnementales, la Fondation David Suzuki le qualifiant de « visionnement obligatoire pour quiconque se préoccupe du patrimoine naturel canadien. »
Dans un registre plus léger, « Soirée de hockey à Sudbury » propose une comédie réconfortante du réalisateur Trevor Williams, pour qui il s’agit d’un premier long métrage. Ce film grand public suit le parcours improbable d’une équipe de hockey mineur hétéroclite vers un championnat.
« Nous avons tourné pendant le pire hiver que Sudbury ait connu depuis des décennies », a ri Williams lors de notre entretien téléphonique. « Les acteurs gelaient, mais cet authentique hiver du nord de l’Ontario nous a donné exactement l’aspect visuel dont nous avions besoin. »
Le film met en vedette plusieurs acteurs comiques canadiens notables et a déjà obtenu une distribution avec Elevation Pictures suite à sa première au TIFF.
Pour compléter la liste, « Fragments d’hier » de l’acclamée artiste visuelle torontoise Priya Sharma, qui fait ses débuts en tant que réalisatrice de long métrage. Ce récit non linéaire explore la mémoire et l’identité à travers les yeux d’une femme âgée qui connaît un déclin cognitif.
« J’ai toujours été fascinée par la façon dont nos souvenirs façonnent qui nous sommes », a expliqué Sharma lors de notre rencontre dans sa galerie de l’ouest de la ville. « Quand cette fondation commence à se fissurer, que reste-t-il du soi? »
Le film, tourné à Toronto, emploie des techniques visuelles innovantes que Sharma a développées au cours de ses années en tant qu’artiste d’installation au Musée des beaux-arts de l’Ontario. La programmatrice du TIFF, Carolyn Wu, le décrit comme « une percée dans la narration visuelle qui défie la structure narrative conventionnelle. »
Selon Téléfilm Canada, la production cinématographique nationale a contribué à hauteur d’environ 5,6 milliards de dollars à l’économie canadienne l’année dernière, Toronto demeurant le principal centre de production du pays. Malgré cet impact économique, les cinéastes canadiens font toujours face à des défis importants pour atteindre leur public.
« La partie la plus difficile n’est pas de faire le film—c’est d’amener les Canadiens à regarder des films canadiens », note la distributrice Emily Chen de Northern Lights Distribution. « Le TIFF joue un rôle crucial dans la création d’un buzz pour les talents locaux. »
Si vous planifiez votre horaire pour le TIFF, ces cinq films représentent certains des contenus canadiens les plus prometteurs au festival cette année. Que vous préfériez le drame qui fait réfléchir, le documentaire environnemental, la comédie réconfortante ou le cinéma expérimental, nos cinéastes canadiens proposent un divertissement de classe mondiale qui mérite d’être soutenu.
Alors que je me prépare à couvrir ces premières dans les semaines à venir, je me rappelle pourquoi le festival de film de Toronto reste une pierre angulaire culturelle vitale pour notre ville et notre pays—offrant une plateforme où les histoires canadiennes peuvent briller sur la scène internationale.