Le Financement Fédéral des Ports Stimule l’Économie de Montréal

Amélie Leclerc
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Alors que Montréal frissonne sous les vents précoces d’hiver, notre infrastructure portuaire s’apprête à recevoir un important coup de pouce d’Ottawa. J’ai passé la semaine dernière à discuter avec des dirigeants du secteur maritime et des responsables locaux au sujet d’une annonce imminente de financement fédéral pour notre essentielle porte maritime.

L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, maintenant président du Fonds de croissance du Canada, a récemment signalé que le financement des infrastructures portuaires arrivera bientôt. Lors d’une allocution devant la Chambre de commerce du Grand Vancouver, Carney a expliqué que nos installations portuaires vieillissantes représentent un goulot d’étranglement économique crucial qui exige une attention immédiate.

« Les annonces concernant les ports arriveront très prochainement, » a déclaré Carney, soulignant que ces investissements s’alignent avec des stratégies économiques plus larges visant à améliorer la capacité d’exportation du Canada.

Pour Montréal, cela ne pourrait pas arriver à un meilleur moment. Notre port manutentionne environ 35 millions de tonnes de marchandises annuellement et génère plus de 3 milliards de dollars d’activité économique, selon les statistiques du Port de Montréal. Pourtant, quiconque a conduit près de nos installations sait que l’infrastructure montre des signes préoccupants de vieillissement.

Jean Bouchard, un coordinateur de logistique maritime que j’ai rencontré au Café Olimpico jeudi dernier, n’a pas mâché ses mots concernant notre situation actuelle. « On gère un commerce de classe mondiale avec des infrastructures parfois vieilles de plusieurs décennies. Chaque retard coûte de l’argent, et ces coûts finissent par toucher le portefeuille des consommateurs. »

Le financement potentiel s’aligne avec l’Évaluation nationale des infrastructures du gouvernement fédéral, qui a identifié la modernisation portuaire comme une priorité clé. Ce qui diffère cette fois-ci, selon les initiés de l’industrie, c’est l’accent mis sur la résilience climatique parallèlement à l’expansion des capacités.

Sophie Tremblay, une ingénieure environnementale travaillant avec l’administration portuaire, a expliqué pourquoi cela importe: « Montréal connaît tout, des canicules estivales aux inondations printanières. Toute nouvelle infrastructure doit résister aux pressions climatiques croissantes tout en réduisant les émissions. Il ne s’agit pas seulement de construire plus grand – mais de construire plus intelligemment. »

Le Port de Montréal emploie plus de 19 000 personnes directement et indirectement. Lorsque j’ai visité le front de mer lundi dernier, les travailleurs étaient occupés à gérer les mouvements de conteneurs avec des machines qui, franchement, appartiennent à une ère révolue. Le contraste entre l’importance mondiale de notre port et certains de ses équipements désuets est frappant.

Le ministre fédéral des Transports, Pablo Rodriguez, n’a pas confirmé de montants spécifiques pour Montréal, mais son bureau a reconnu que la modernisation portuaire représente une priorité nationale avec une importance particulière pour l’économie d’exportation du Québec.

« Nous sommes en concurrence avec des ports américains qui ont reçu des investissements massifs, » a noté Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lors de notre conversation hier. « Chaque amélioration de l’efficacité portuaire signifie que les entreprises montréalaises peuvent livrer leurs produits plus rapidement et plus fiablement aux marchés mondiaux. »

Ce qui m’a frappé durant mon reportage, c’est comment l’infrastructure portuaire affecte les Montréalais ordinaires de façons que la plupart d’entre nous ne considèrent jamais. Presque tout dans nos maisons – du café dans ma tasse ce matin au vin chilien que j’ouvrirai ce soir – est passé par notre port.

Le financement semble se concentrer sur trois domaines clés: l’infrastructure numérique pour réduire les temps de traitement, la modernisation des équipements pour réduire les émissions, et l’expansion des capacités pour accueillir de plus grands navires. Chaque composante répond à des lacunes critiques dans nos capacités actuelles.

Les groupes environnementaux locaux ont prudemment accueilli l’investissement potentiel. « La modernisation portuaire peut réellement réduire l’impact environnemental si elle est correctement réalisée, » a expliqué Claude Beauchamp de Montréal Vert. « Des équipements plus récents signifient moins de ralenti, une meilleure efficacité énergétique et des émissions réduites par conteneur. »

Le moment de cet investissement pourrait s’avérer particulièrement stratégique alors que le transport maritime mondial fait face à des défis sans précédent. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, des conflits en mer Rouge aux conditions de sécheresse du canal de Panama, ont souligné l’importance d’une infrastructure portuaire fiable.

En me promenant le long du Vieux-Port hier après-midi, observant d’énormes cargos naviguer sur le Saint-Laurent, je ne pouvais m’empêcher de réfléchir à comment cette voie navigable a bâti notre ville. De la traite des fourrures aux porte-conteneurs d’aujourd’hui, Montréal a toujours prospéré grâce à notre connexion aux eaux mondiales.

L’annonce de financement fédéral, attendue dans les prochaines semaines selon des sources proches du ministre, représente plus qu’un simple investissement dans l’infrastructure. Elle reconnaît le rôle continu de Montréal comme un maillon crucial dans les réseaux commerciaux du Canada.

Pour une ville bâtie sur le commerce, cette reconnaissance est à la fois vitale économiquement et significative émotionnellement. Notre port n’est pas seulement une infrastructure – c’est une partie de notre identité.

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