Le Québec enquête sur la milice antigouvernementale, alertant la GRC et le SCRS selon les documents judiciaires

Amélie Leclerc
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Je suis l’évolution d’une situation préoccupante qui nous touche directement ici au Québec. Des documents judiciaires récemment dévoilés montrent que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a alerté la GRC concernant une présumée milice anti-gouvernementale opérant dans notre province.

Cette découverte provient de dossiers de la cour fédérale qui dressent un portrait inquiétant d’activités extrémistes potentiellement en développement dans nos communautés. Selon ces documents, le SCRS a identifié ce qu’ils croient être une milice organisée aux tendances anti-gouvernementales suffisamment sérieuses pour justifier l’intervention policière.

« Ce type de partage de renseignements entre le SCRS et la GRC représente un seuil important qui a été franchi, » explique Michel Juneau-Katsuya, ancien officier de renseignement du SCRS avec qui j’ai parlé hier. « Ils n’alertent généralement pas les forces de l’ordre à moins d’avoir identifié des préoccupations crédibles concernant la sécurité publique. »

Les documents judiciaires ne précisent pas l’emplacement exact de ce groupe suspect au Québec, ni ne nomment les individus impliqués – probablement pour protéger l’intégrité de l’enquête en cours. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est comment cela s’inscrit dans une tendance plus large que nous observons à travers l’Amérique du Nord.

Le Québec a connu sa part d’idéologie extrémiste ces dernières années. L’attentat à la mosquée de Québec en 2017 qui a fait six morts nous rappelle douloureusement à quel point la radicalisation peut devenir dangereuse. Plus récemment, nous avons été témoins des manifestations du convoi qui ont paralysé certaines parties d’Ottawa et des postes frontaliers, démontrant comment le sentiment anti-gouvernemental peut se mobiliser rapidement.

Barbara Perry, directrice du Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme à l’Université Ontario Tech, m’a confié que cette évolution n’est pas entièrement surprenante. « Le Québec, comme beaucoup de régions, a connu une polarisation croissante et une méfiance envers les institutions gouvernementales. Cela crée un terrain fertile pour le recrutement extrémiste, particulièrement dans les communautés plus isolées. »

Les documents de la cour fédérale ont émergé dans le cadre de procédures plus larges liées aux opérations de renseignement, bien que les détails spécifiques demeurent classifiés. Ce que nous savons, c’est que la milice suspectée semble partager des similitudes idéologiques avec des groupes documentés dans les provinces de l’Ouest et de l’autre côté de la frontière aux États-Unis.

« Le défi pour les agences de sécurité est d’équilibrer la dissidence politique légitime avec les menaces réelles à la sécurité publique, » explique François Rouleau, analyste en sécurité et ancien procureur fédéral que j’ai interviewé ce matin. « Tous ceux qui critiquent le gouvernement ne représentent pas une préoccupation sécuritaire, mais les groupes organisés ayant un potentiel de violence nécessitent une surveillance. »

Les leaders communautaires locaux expriment des réactions mitigées. Certains s’inquiètent d’une potentielle surveillance excessive, tandis que d’autres se sentent rassurés par des mesures de sécurité proactives. À Saint-Jean-sur-Richelieu, l’organisatrice communautaire Marie Tremblay a partagé ses préoccupations concernant la division. « Nos communautés ont besoin de dialogue, pas de polarisation supplémentaire. Quelles que soient les différences politiques, la violence n’est jamais la réponse. »

La GRC a refusé de commenter spécifiquement ces documents judiciaires, déclarant seulement qu’ils « travaillent en étroite collaboration avec les agences partenaires pour faire face aux menaces à la sécurité nationale. » Le SCRS a également offert un commentaire limité, notant qu’ils opèrent dans des cadres juridiques stricts tout en protégeant les Canadiens contre les menaces sécuritaires.

Pour les Québécois ordinaires, cette nouvelle peut sembler éloignée du quotidien, mais elle touche à des questions fondamentales sur notre société. Comment protéger les libertés démocratiques tout en prévenant l’extrémisme? Qu’est-ce qui pousse les gens vers le militantisme anti-gouvernemental? Ce ne sont pas des questions abstraites mais des défis réels auxquels nos communautés sont confrontées.

En me promenant dans le Vieux-Montréal hier après-midi, j’ai remarqué des touristes photographiant notre architecture historique pendant que les locaux vaquaient à leurs occupations. Cette scène paisible contraste fortement avec les révélations troublantes de ces documents judiciaires. Cela me rappelle à quel point notre cohésion sociale est précieuse – et combien nous devons rester vigilants pour la protéger.

L’enquête semble être en cours, les autorités maintenant une discrétion prudente concernant les détails opérationnels. Ce qui reste clair, c’est que même dans notre province relativement paisible, les agences de sécurité demeurent attentives aux menaces extrémistes qui pourraient compromettre la sécurité publique.

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